Les entreprises se mobilisent chaque année davantage pour intégrer les personnes handicapées. Leur difficulté : trouver des personnes qualifiées correspondant à leurs besoins. La solution : communiquer, encore et toujours ! A l’externe bien sûr, mais aussi et peut-être surtout à l’interne, pour impliquer les collaborateurs et en particulier les managers.
Les missions handicap mènent un travail formidable de sensibilisation. Dans le cadre d’une étude sur le handicap et l’emploi, nous avons interrogé quelques-unes d’entre elles. Leur politique : multiplier les supports et les occasions de communiquer. Films, plaquettes, leaflets, journaux dédiés, rencontres, théâtre… Il faut diversifier les supports. Il faut également diversifier les types de message ! Une belle campagne de com pourrait comprendre, en trois étapes, les types de messages suivant :
1re étape : changer le regard sur le handicap. Le terme regroupe une foultitude de réalités ! Il existe des handicaps plus ou moins invalidants, plus ou moins perceptibles… Ce discours est sans doute le plus courant dans les entreprises.
2e étape : mettre à jour les comportements inconscients. De l’avis général, il existe des discriminations sur le marché du travail. De l’avis général également : la discrimination, c’est les autres ! 75 % des salariés répondent non à la question : votre entreprise pratique-t-elle la discrimination ? (Le Point, 23 octobre 2008). Or la moitié des entreprises de plus de 20 salariés comptent moins de 6 % de personnes handicapées dans leurs effectifs. Il reste semble-t-il quelques consciences à éveiller…
3e étape : affronter en toute honnêteté les inquiétudes des managers qui entreprennent l’intégration d’une personne handicapée. Quels seront les démarches à effectuer, les aides apportées par les ressources humaines, les risques possibles pour l’équilibre de l’équipe ? Ce type de message est sans doute le moins délivré par les entreprises.
Sensibiliser : beaucoup a été fait, beaucoup reste à faire encore. Mais pour passer de la prise de conscience à l’action, il faut intégrer aussi, dans sa communication, une dose de réalité pour affronter en face les vraies questions. Ouvrir les yeux, puis donner confiance !
Maud de Villèle, ORC