Archives

Recherche dans le site

Tous les articles | Catégories | Recherche

 mercredi 11 juin 2008  
Certification et utilisation de la VAE : une étude sur les politiques des entreprises en la matière
Par acce @ 23:53 :: 806 Vue(s)

Comment entreprises et branches professionnelles se sont-elles appropriées la nouvelle voie d’accès à la certification que constitue la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) ? Un rapport publié en mai 2008 fournit des éléments de réponse à la question. Le principe de la VAE a été introduit par la loi de modernisation sociale de 2002 : il permet de faire reconnaître son expérience professionnelle afin d’obtenir un diplôme, un titre ou un certificat de qualification.
Si nombre d’études se sont déjà penchées sur les motivations individuelles des personnes qui ont eu recours à la VAE pour obtenir un titre ou un diplôme, plus rares sont celles qui se sont intéressées aux pratiques des entreprises au sens large. C’est tout l’objet de cette étude réalisée à la demande de la DARES (Direction de l’Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques). Quinze monographies ont donc été réalisées auprès d’acteurs économiques de façon à rendre compte des motivations qui ont été les leurs lors du recours à ce nouvel outil. Si la certification ne constitue pas une fin en soi pour les entreprises qui ont fait appel à la VAE, on constate néanmoins que cette dernière constitue bel et bien un outil de gestion des ressources humaines mis au service d’une stratégie plus large dont l’étude rend compte.    
Il ressort de ce travail monographique quatre logiques d’usage de la VAE par les entreprises, les branches et les associations.
- Dans la plupart des cas rencontrés, les stratégies de mise en place de la VAE trouvent leur origine dans la nécessité de valoriser les personnes et les métiers peu considérés tout en conférant plus d’objectivité aux pratiques de promotion interne.
- Dans les entreprises en restructuration, la VAE peut venir s’intégrer à une politique préventive de gestion de l’emploi, comme c’est notamment le cas dans le secteur textile. La certification par la VAE peut alors être mobilisée comme un moyen d’accroître les possibilités de reconversion des salariés, dans un espace de mobilité inter-branches.
- La VAE a également suscité l’intérêt d’entreprises ou d’organismes qui interviennent, de diverses façons, dans la gestion des trajectoires d’emploi – entreprises de travail temporaire, associations d’insertion et d’aide par le travail, associations d’artisans compagnons.
- Dans les secteurs constitués de petites structures, qui ne disposent pas d’outils propres de gestion des ressources humaines, la promotion de la VAE auprès des employeurs apparaît comme un moyen d’œuvrer pour l’avenir des entreprises et du secteur comme c’est le cas lorsque celui-ci est règlementé (la coiffure par exemple).
De façon plus transversale, l’étude met également en lumière les tensions qui peuvent naître de l’usage collectif d’un droit individuel, ainsi que les différences de perception que les employeurs et les salariés peuvent avoir de la VAE, reflet d’un éventuel décalage entre les stratégies des uns et les attentes des autres. Enfin, l’étude conclut par une réflexion plus générale sur les questions de justice que la mise en œuvre de la VAE ne manque pas de soulever, en particulier à l’occasion des opérations collectives examinées.
«Les politiques des entreprises en matière de certification et l'utilisation de la VAE», rapport de recherche CEE n°46, mai 2008.

Les derniers articles