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Plus que les autres Européens, les Français déclarent que le travail est très important dans leur vie, mais, toujours plus que les Européens, ils souhaitent également qu'il y prenne moins de place ! C'est ce paradoxe qui est analysé dans l'étude du Centre d’Études de l’Emploi et intitulée "Place et sens du travail en Europe : une singularité française ?".
Les auteurs, Lucie Davoine et Dominique Meda, ont tout d'abord cherché à comprendre la diversité des perceptions en Europe et à proposer des interprétations permettant d’avancer dans la résolution d'un tel paradoxe. L’originalité de ce travail provient en partie de la confrontation des résultats des diverses enquêtes françaises et internationales sur ces questions.
Dans la première partie, deux hypothèses sont donc mobilisées pour expliquer les réponses des Français : d’une part, le taux de chômage élevé, la prégnance de l’emploi précaire et un fort sentiment d’insécurité de l’emploi ; d’autre part, les attentes plus fortes à l’égard de l’intérêt du travail. Les Français se distinguent en effet par des attentes de réalisation dans le travail plus intenses que celles de leurs voisins européens.
La seconde partie tente de comprendre pourquoi les Français considèrent comme une bonne chose que le travail occupe une place moins grande dans leur vie. Pour les auteurs, cette situation peut s’expliquer par la moindre qualité des relations sociales en France ou par des conditions de travail et d’emploi dégradées, mais aussi par le souci des individus de consacrer plus de temps à leur vie personnelle et surtout de mieux concilier leur vie professionnelle et leur vie familiale. Les Français sont d’ailleurs ceux qui déclarent le plus souvent éprouver des difficultés de conciliation et des tensions entre les deux sphères.
À souligner également, tout au long de l’étude, que les réponses moyennes des pays ne doivent pas occulter la grande diversité des opinions, liées notamment à la catégorie socioprofessionnelle et à la situation familiale.
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